24 janvier 2007
Un webdesigner n'est pas un webdeveloper
ce que je viens de lire sur un blog...
... et inversement. Comme le démontrent beaucoup d’annonces de recruteurs, le webdesigner serait un inspecteur gadget graphiste ingénieur. Il n’est en effet pas rare de lire encore pour un poste de webdesigner : « maîtrise de PHP, Java et Mysql, langage C++ serait un plus. », votre créativité et la connaissance des logiciels pour faire joujou tels que Photoshop ou Flash étant évidemment accessoires.
Ah oui, il faudra que le webdesigner soit aussi graphiste print, ça nous fera l’économie d’un créatif, en plus de l’économie du développeur et du webmaster. Etant super compétent dans plein de domaines il sera évidemment autonome car il travaillera tout seul et se démerdera tout seul. Bien sûr il devra maîtriser parfaitement le français car il devra produire du contenu, voire l’améliorer ou le corriger, mais également quadrilingue pour pouvoir faire du suivi de projet et de la relation client avec nos partenaires internationaux.
Ses talents d'illustrateurs seront appréciés mais s'il n'excelle pas en Flash Actionscript 1.0 et 2.0, ils ne nous serviront à rien. Le webdesigner sera amené à travailler dans une entreprise et non à se pavaner dans une galerie d'art. Sa mission ne sera donc pas d'appliquer son "art" à l'entreprise ni d'essayer de plier celle-ci à ses petits caprices artistiques. Mais son rôle dans la boîte aura néanmoins une place très importante et représentera le point convergent de tous les départements, car il combinera plusieurs corps de métier mais pour un unique salaire, celui de graphiste exécutant débutant si possible.
Mais non ! Recruteurs, compagnies, vous avez tout faux ! Un webdesigner n'est pas un développeur, ni un informaticien, ni un webmaster et ni un ingénieur. Et ça, ça se reconnaît au premier coup d'oeil ;)
J'insiste sur le fait que j'ai lu cette article sur un blog c'est d'ailleurs bizarre que vous ne vous sentez pas concerner par ce qui est dit dans l'article. Où je suis la seule à être pluridisciplinaire où on me demande de faire du graphisme, de la vidéo, de la photo, du webdesign, du développement, de la bureautique, de former les gens à la bureautique, faire du SAV pour les petits problèmes quotidiens des gens sur openoffice, de faire de l'archivage de photos et de vidéos, de faire de la sécurité, d'animer des soirées de l'entreprise et pour tout ça je ne gagne que 1070 euros par mois alors excusez moi au lieu de m'insulter mettez votre rage de coté !!!

Comment pourrir un design web ?
Ce que je viens de lire sur un blog qui est la traduction française d'un article d'un autre blog.
En tant que webdesigner professionnel, j'ai constaté une logique consternante dans la majorité des projets auxquels j'ai participé : plus on passe de temps à disséquer, à analyser et à critiquer un design avec les mauvaises personnes, plus le design empire. Cette tendance s'applique également selon le nombre de personnes impliquées dans le processus de conception.
L'intelligence de groupe est multiplicative lorsque des idiots sont impliqués : combiner un demi-écervelé avec un autre demi-écervelé ne résulte pas à une personne entière et ingénieuse mais à un quart de personne ingénieuse (1/2 x 1/2 = 1/4). La combinaison d'une personne entière et ingénieuse avec un demi-demeuré produit toujours un demi-demeuré. Plus de ces mauvais individus vous aurez impliqués dans le processus, plus les choses seront mauvaises
Par ces mauvais individus je fais référence à :
- ceux qui n'ont jamais réalisé une création visuelle (web, papier ou autres...) de leur vie.
- ceux qui pensent que les tendances web des années '96 sont encore "hype".
- ces dirigeants et autres cadres supérieurs qui n'ont aucune expérience de design mais qui aiment donner des directions créatives simplement parce qu'ils en ont le pouvoir (ou se sentent obliger de le faire).
- ces utilisateurs avertis qui ont une haute opinion et, parce qu'ils utilisent le web, pensent avoir leur mot dans le domaine du design. Ce genre de clients arrive la plupart du temps à obtenir les pires sites web.
Mais quelles sont alors les bonnes personnes ?
- toutes personnes possédant l'oeil pour le design de qualité, quelque soit leur job.
- les experts en utilisabilité qui offrent des conseils basés sur des expériences concrètes et vécues.
- ceux qui proposent des critiques constructives. Mon exemple préféré de mauvaise critique est lorsque que quelqu'un dit : "Je ne le sens pas, j'aime pas."
- ceux qui comprennent qu'ils vous ont engagé, VOUS le webdesigner, pour créer quelque chose de magnifique ! Ils peuvent ainsi mieux appréhender leur business, et qu'en fin de compte ils vous ont fait totalement confiance pour livrer un design de haute qualité."
(..)
Je suis donc plutôt d'accord sur l'ensemble de son analyse, notamment sur la remise en question de certaines réunions "créa" où chacun y va de son avis personnel sur telle couleur et qui ressemblent plus souvent à des joutes idéologiques entre les directeurs des différents départements. Les termes "d'idiots" et de "demi-écervelé" sont évidemment un peu radicaux et exagérés. Mais je peux comprendre son coup de gueule ou son agacement et finalement cette analyse reflète bien une des plus grandes difficultés de notre métier qu'est celle de la communication : savoir éduquer son auditoire néophyte pour l'amener là où l'on veut et de rationnaliser le plus possible les jugements personnels qui font appel à la subjectivité et qui peuvent en effet représenter un danger au regard des objectifs créatifs.
L'article original est signé Matt Inman, CTO & Web Developer chez seamoz.org, agence de conseils en stratégie marketing et SEO basée à Seattle.

